Tourisme

Bastides en fête invite à relier Vianne, Francescas, Lamontjoie et Caudecoste au sud d’Agen

Vianne, Francescas, Lamontjoie et Caudecoste, quatre bastides au sud-sud-est d’Agen, forment l’itinéraire de Sud Ouest pour Bastides en fête, qui réunit 26 villages.

Pierrick Salaün Par Pierrick Salaün
7 min de lecture
Bastides en fête invite à relier Vianne, Francescas, Lamontjoie et Caudecoste au sud d’Agen
Une place à arcades : les bastides, ces bourgs neufs tracés sur plan, sont à découvrir lors de la fête.

En bref

  • À cette occasion, Sud Ouest a proposé, le 11 octobre 2026, un itinéraire en quatre étapes à parcourir au sud-sud-est d’Agen, dans le Lot-et-Garonne : il part de Vianne puis gagne Francescas, Lamontjoie et Caudecoste.
  • Des pyramides colorées y présentent une collection particulière de boîtes à biscuits, à thé, à cacao ou à bonbons, dont les images ont été lithographiées sur le métal.
  • En dehors de la fête, les guides-conférenciers Pierre Longo et Axel Le Bris de l’office de tourisme de l’Albret font visiter ces bastides, sur rendez-vous, au 05 53 65 27 75.

Les 24 et 25 octobre 2026, 26 bastides réparties entre le Lot-et-Garonne et le Sud-Dordogne participent à Bastides en fête. À cette occasion, Sud Ouest a proposé, le 11 octobre 2026, un itinéraire en quatre étapes à parcourir au sud-sud-est d’Agen, dans le Lot-et-Garonne : il part de Vianne puis gagne Francescas, Lamontjoie et Caudecoste.

Une cinquantaine de villages nés en moins d’un siècle

Du XIIIe au XIVe siècle, une cinquantaine de bastides ont surgi, en moins de cent ans, dans l’espace qui s’étend du Lot-et-Garonne au Sud-Dordogne. L’union d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri Plantagenêt avait déplacé à cet endroit la frontière entre les royaumes de France et d’Angleterre, ce qui explique, selon Sud Ouest, l’ardeur mise à fonder ces villages.

Ces bourgs neufs, tracés sur plan par un roi ou par un seigneur œuvrant dans les domaines de son suzerain, servaient à tenir un territoire et à afficher une puissance. Ils devaient surtout réunir, protéger et fixer des habitants dont le nombre croissait depuis l’an mille. Leur vocation était commerçante : ni l’église ni le château n’occupaient le centre, c’était la place du marché.

Pour qui voulait échapper au servage, la bastide promettait aussi un système plus juste, fondé sur l’échange plutôt que sur les rapports de classe. Une charte des coutumes détaillait les droits et obligations de chaque habitant et garantissait un quotidien paisible, que la guerre de Cent Ans, de 1337 à 1453, a brisé.

François Dailledouze, qui préside l’association des bastides du Lot-et-Garonne et qui est maire de Caudecoste, juge ces villages « modernes, résilientes » et y voit une source d’inspiration pour les paysagistes. Dans une bastide, rapporte Sud Ouest, la vie se passe dans la rue, les voitures sont tenues à l’écart, chaque maison a un jardin à l’arrière et les commerces peuvent revenir. Dans son esprit, « un cœur de bastide » procure « un réconfort » : animations, marchés et repas se déroulent tous sur la place, et les habitants y adhèrent plus facilement.

Les quatre étapes en un coup d’œil

Village Repère historique À voir
Vianne Bastide anglaise fondée en 1284 Remparts conservés, église Saint-Christophe, musée de la Verrerie
Francescas Cornière décorée par un ancien secrétaire de mairie Musée de la boîte en fer-blanc, castet de La Hire, église Notre-Dame
Lamontjoie Bastide créée en 1299 Châsse en émail de Limoges, retable baroque, marché du jeudi soir
Caudecoste Bastide religieuse née à l’initiative de Cluny Couverts en brique, clocher courbe

Vianne, la seule bastide d’Albret à avoir gardé ses remparts

Vianne, bastide anglaise fondée en 1284, est la seule du territoire d’Albret à avoir conservé son enceinte fortifiée, avec quatre tours-portes ainsi que deux tours d’angle. Son église Saint-Christophe, élevée au XIIe siècle, avant la bastide, veille depuis lors sur les voyageurs : pèlerins de Compostelle comme cyclistes de la Scandibérique. Sud Ouest invite à y chercher, parmi les chapiteaux, un diable à tête de gremlin, ainsi qu’une louve gravée sur le chevet.

Au XIXe siècle, quelques tours ont été abattues pour ouvrir des routes ; on s’est ensuite contenté d’adosser des maisons aux murailles. L’histoire de la verrerie de Vianne s’ouvre au tout début du XXe siècle, et Bastides en fête permet de la découvrir ou de la revoir.

Francescas, entre cornière peinte et boîtes en fer-blanc

Francescas n’a rien d’équivalent à la place des Marronniers de Vianne, mais elle garde une cornière, c’est-à-dire un passage couvert le long des arcades, baptisée du nom de Marcel-Cassède. L’homme dont elle porte le nom, ancien tailleur et secrétaire de mairie, avait l’ambition de devenir peintre. À la retraite, il y a représenté des scènes exotiques ou champêtres, au point d’en faire sa chapelle Sixtine personnelle.

Maisons à colombages posées sur des piliers de bois autour d'une place pavée
Arcades et maisons à colombages : plus d’une vingtaine de bastides participent à la fête, avec un itinéraire à découvrir en quatre étapes. Photo : MemoryCatcher / Pixabay

Le musée dédié aux boîtes anciennes en fer-blanc occupe la même maison à colombages du XVIe siècle que la Poste. Des pyramides colorées y présentent une collection particulière de boîtes à biscuits, à thé, à cacao ou à bonbons, dont les images ont été lithographiées sur le métal. Sud Ouest signale que ce lieu est accessible durant Bastides en fête selon les horaires du bureau de Poste, puis sur demande, par l’intermédiaire de la mairie.

Au 7 de la rue Arragegat se dresse le castet de La Hire, une maison forte datée de la fin du XIVe siècle. Une tradition du pays la rattache à Étienne de Vignolles, chevalier surnommé La Hire, qui combattit auprès de Jeanne d’Arc. Des travaux doivent lui rendre ses menuiseries, ses planchers et ses escaliers. L’église Notre-Dame mérite aussi une halte : tympan néogothique, intérieur entièrement peint dans le goût du XIXe siècle et charpente qui rappelle un chalet alsacien.

Lamontjoie, ses reliques et son plan en damier

À Lamontjoie, créée en 1299, Philippe le Bel aurait offert à la jeune bastide les reliques de son aïeul Saint Louis, soit huit os de la main, cuits dans du vin puis sertis d’argent. Elles sont arrivées dans une châsse en émail champlevé de Limoges. Cette technique consiste à creuser des alvéoles dans l’épaisseur du métal, à y déposer de l’émail en poudre humide puis à le fixer par plusieurs cuissons ; elle s’est imposée en Limousin entre les XIIe et XIVe siècles.

Le Louvre a envoyé une spécialiste nettoyer cette châsse, dont les anges, logés dans des médaillons bordés de bleu et de rouge, ont retrouvé leurs couleurs. Les pèlerins de Compostelle s’y recueillaient. Au XIXe siècle, on n’a plus voulu de la châsse et les fragments ont été présentés dans un reliquaire vitré, qui cohabite dans l’église avec un ancien carrelage venu d’une villa gallo-romaine, ainsi qu’avec un imposant retable baroque.

Axel Le Bris, guide-conférencier, rappelle sur la place que les arcades ne sont pas obligatoires : ce qui définit une bastide, c’est son plan en damier. Lamontjoie a peu de couverts, mais un marché du jeudi soir très fréquenté en juillet et en août, et une population jeune qui s’investit dans Bastides en fête. Parmi les personnalités liées au village, Sud Ouest cite le botaniste René Souèges, qui a consacré sa vie à l’embryologie végétale, et l’ingénieur Adémar Sentou, qui a doté Paris de sa première ligne de métro.

Caudecoste, bastide religieuse au bord de la Garonne

Caudecoste s’est étendue sur une terrasse de la Garonne. Ses couverts sont en brique, car les termites ont eu raison du chêne, et son église, qui n’occupe pas le centre du village, porte un clocher courbe réalisé par des charpentiers de marine. La fin du XIIIe siècle a vu naître, après les bastides françaises et anglaises, des bastides religieuses ; Caudecoste, née d’une initiative de Cluny, en fait partie.

Bastides en fête, les 24 et 25 octobre 2026

Les bastides participantes n’ont pas toutes connu le même sort : certaines ont moins prospéré que d’autres. Sud Ouest voit dans la fête l’occasion de découvrir les secrets de lieux méconnus et de réviser ses classiques, arcades et plan en damier, dans les mieux préservés. À Vianne, le programme annoncé est le suivant :

  • Samedi 24 et dimanche 25 octobre, de 10 h à 17 h : la place des Marronniers accueille des jeux en bois d’autrefois, le musée de la Verrerie se visite et deux vitraillistes montrent leurs travaux à la salle des fêtes.
  • Samedi 24 et dimanche 25 octobre, dès 14 h : initiation au tir à l’arc, sous les remparts.
  • Samedi 24 octobre à 11 h : une visite commentée de la bastide, au départ de l’office de tourisme.
  • Samedi 24 octobre à 20 h 30 : récital de piano de Marco Poingt à la salle des fêtes.
  • Dimanche 25 octobre à 16 h : le chœur d’Albret chante à l’église.

Le journal signale d’autres rendez-vous au programme de la fête : campement et combats de chevaliers, métiers anciens, marché artisanal, retraite aux flambeaux le samedi à 18 h, exposition « Panorama des bastides » sur l’habitat et la réhabilitation, concert de saxophone le samedi à 18 h dans une église, randonnées le dimanche matin.

En dehors de la fête, les guides-conférenciers Pierre Longo et Axel Le Bris de l’office de tourisme de l’Albret font visiter ces bastides, sur rendez-vous, au 05 53 65 27 75.

Photo : Obane / Pixabay

Pierrick Salaün

Destinations, loisirs et organisation

Pierrick Salaün

Pierrick Salaün a longtemps travaillé à l'accueil d'un office de tourisme du Finistère, où il répondait tout l'été aux mêmes questions. Pour Loovac, il écrit sur les destinations, en France et ailleurs : quand partir, comment s'y rendre, ce qui vaut le détour. Il indique les prix relevés et la date du relevé. Il sort en kayak de mer dès que la météo le permet.